C'est la question que notre « assistant » pose, d'une manière ou d'une autre, à chaque invité·e : que faire de l'intelligence artificielle ? Destructions d'emplois, régulation, souveraineté, modernisation de l'État — cinq réponses recueillies au fil de nos entretiens, du député insoumis qui veut faire cotiser les machines à l'ancien conseiller ministériel qui rêve d'un « jumeau numérique » de l'État. Verbatim croisés, en contexte — sans prendre parti.
Faire cotiser les machines — Carlos Martens Bilongo
Le député du Val-d'Oise (La France insoumise) part des suppressions de postes annoncées au nom de l'IA — les ordres de grandeur qu'il citait en entretien sont exacts (HP : 4 000 à 6 000 postes d'ici 2028 ; ABN Amro : 5 200) — et en tire une proposition de financement du modèle social.
« Avec nous ou contre nous » — Prisca Thevenot
La députée des Hauts-de-Seine refuse le fatalisme du « grand remplacement technologique », tout en reconnaissant des destructions de postes : elle citait l'étude Coface / Observatoire des emplois menacés et émergents évaluant à environ 5 millions le nombre d'emplois français exposés à l'automatisation d'ici la fin de la décennie.
Réguler sans freiner — Marie-Pierre Vedrenne
La ministre déléguée à la citoyenneté place le curseur au niveau européen, dans le prolongement du règlement sur l'IA (« AI Act ») adopté en 2024, et alerte sur la fracture entre ceux qui maîtrisent ces outils et les autres.
Un « jumeau numérique » de l'État — Clément Tonon
Le conseiller d'Édouard Philippe voit dans l'IA moins une menace qu'un instrument de pilotage public : centraliser la donnée publique pour éclairer la décision politique — l'humain décidant toujours en dernier ressort.
La souveraineté d'abord — Amélia Lakrafi
L'entrepreneure en cybersécurité devenue députée des Français de l'étranger déplace le débat vers la dépendance technologique : pour elle, le danger n'est pas l'IA en soi, mais qui la maîtrise. Elle plaide pour orienter la commande publique vers les technologies françaises et européennes — et pour former les élèves à l'IA plutôt que de l'interdire à l'école.
Ce qui les sépare — et ce qui les rassemble
Aucun de nos invités ne conteste l'ampleur de la vague : les désaccords portent sur la réponse. Faut-il taxer la machine qui remplace l'humain (Bilongo), accompagner la transition en pariant sur la complémentarité (Thevenot), réguler par le droit européen (Vedrenne), équiper l'État lui-même (Tonon) ou sécuriser d'abord la souveraineté technologique (Lakrafi) ? Quatre logiques — redistribution, accompagnement, régulation, puissance — qui recoupent largement les familles politiques de leurs auteurs, avec un point de convergence notable : personne, chez Nopopol, n'a défendu le laisser-faire.
Toutes les interviews sont sur la chaîne YouTube :
▶ Voir les entretiens NopopolSources
· Étude Coface / Observatoire des emplois menacés et émergents (≈ 5 millions d'emplois exposés à l'IA) : coface.fr.
· Règlement européen sur l'intelligence artificielle (« AI Act »), adopté en 2024.
· Verbatim des invités : entretiens Nopopol avec Carlos Martens Bilongo, Prisca Thevenot, Marie-Pierre Vedrenne, Clément Tonon et Amélia Lakrafi — citations issues des interviews publiées sur la chaîne YouTube Nopopol.
