Le constat traverse tous nos entretiens : la confiance des Français dans la politique est au plus bas — à peine un quart d'entre eux déclarent avoir confiance dans la politique, selon le baromètre du CEVIPOF (février 2025). Mais d'un invité à l'autre, le remède change du tout au tout : réécrire la Constitution, instaurer un mandat présidentiel unique, décentraliser massivement, rendre le vote obligatoire, ou simplement tenir parole. Cinq réponses recueillies chez Nopopol. Verbatim croisés, en contexte — sans prendre parti.
Une assemblée constituante — Hugo Mazouz
Le militant insoumis reprend la proposition phare de son mouvement : convoquer des citoyens pour écrire une 6e République, complétée par le référendum d'initiative citoyenne et le vote électronique contre l'abstention des jeunes.
Le « septennat unique » — Clément Tonon
Le conseiller d'Édouard Philippe ne veut pas changer de République mais de temporalité : un mandat présidentiel de sept ans, non renouvelable, pour replacer le président au-dessus des partis — et déplacer le pouvoir quotidien vers Matignon et le Parlement.
La fin de la « monarchie présidentielle » — Paul Molac
Le député du Morbihan (LIOT) fait le même diagnostic institutionnel, mais sa réponse passe par les territoires : autonomies régionales, voire fédéralisme, pour rapprocher la décision des citoyens.
Vote obligatoire, vote blanc décisif — Amélia Lakrafi
La députée des Français de l'étranger s'attaque, elle, au geste électoral lui-même : obliger chacun à voter, donner un vrai poids au vote blanc — jusqu'à rejouer l'élection si les bulletins blancs sont majoritaires.
Reconstruire par le quotidien — Marie-Pierre Vedrenne
La ministre déléguée à la citoyenneté se méfie des grands soirs institutionnels : pour elle, la confiance se répare d'abord par la pratique — terrain, écoute, vérité.
Ce qui les sépare — et ce qui les rassemble
Trois familles de remèdes se dessinent. Les réformateurs des institutions (Mazouz, Tonon, Molac) veulent changer les règles du jeu — par la rupture constituante, l'aménagement du calendrier présidentiel ou la redistribution territoriale du pouvoir. Lakrafi mise sur la réforme du geste électoral. Vedrenne, enfin, déplace le sujet hors du droit : la défiance se guérirait par les comportements, pas par les textes. À noter que ce chantier recoupe l'idée maîtresse de Lakrafi dans son entretien — « dire ce qu'on fait et faire ce qu'on dit » — signe que, du centre à la gauche radicale, le diagnostic de la promesse non tenue fait consensus.
Toutes les interviews sont sur la chaîne YouTube :
▶ Voir les entretiens NopopolSources
· Confiance dans la politique : Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF, vague 16 (février 2025).
· Instauration du quinquennat : Loi constitutionnelle n° 2000-964 du 2 octobre 2000 — Légifrance ; Conseil constitutionnel.
· Vote blanc : loi n° 2014-172 du 21 février 2014 (décompte séparé, hors suffrages exprimés) : Légifrance.
· Verbatim des invités : entretiens Nopopol avec Hugo Mazouz, Clément Tonon, Paul Molac, Amélia Lakrafi et Marie-Pierre Vedrenne — citations issues des interviews publiées sur la chaîne YouTube Nopopol.
