Nopopol a reçu Sandrine Rousseau, économiste de formation et députée de Paris (Les Écologistes). Réduction du temps de travail, décroissance, fiscalité des plus aisés : voici ses propositions, citations à l'appui, remises dans leur contexte et confrontées aux principaux arguments du débat — sans prendre parti.
La semaine de quatre jours
En France, la durée légale du travail est fixée à 35 heures par semaine depuis les lois Aubry (2000). L'idée d'une semaine de quatre jours, à salaire maintenu, fait l'objet d'expérimentations. Le plus large essai à ce jour a été mené au Royaume-Uni en 2022 par l'organisation 4 Day Week Global, avec les universités de Cambridge et Boston College : une soixantaine d'entreprises et près de 2 900 salariés, selon le modèle « 100-80-100 » (100 % du salaire pour 80 % du temps, en visant 100 % de la production). À l'issue, le chiffre d'affaires moyen est resté stable (+1,4 %), 71 % des salariés déclaraient moins d'épuisement, et la quasi-totalité des entreprises ont prolongé l'expérience.
Renoncer à la croissance
La « décroissance » désigne un courant qui conteste l'objectif d'une croissance continue du PIB, jugée incompatible avec les limites écologiques. Elle s'oppose à la thèse de la « croissance verte », selon laquelle l'innovation et la transition technologique permettraient de réduire les émissions tout en maintenant l'activité. Le débat entre ces deux écoles n'est pas tranché parmi les économistes.
Le « droit à la paresse » et l'« écologie punitive »
L'expression « droit à la paresse » renvoie à un essai de Paul Lafargue publié en 1880. Celle d'« écologie punitive » est employée par les détracteurs de mesures écologiques perçues comme des contraintes (taxes, restrictions) pesant surtout sur les ménages modestes et les territoires ruraux.
Sa première mesure : taxer les plus fortunés
Interrogée sur la mesure qu'elle prendrait en priorité, Sandrine Rousseau cite la taxation des plus riches. Le débat renvoie notamment à la « taxe Zucman », inspirée des travaux que l'économiste Gabriel Zucman a présentés en 2024 à la présidence brésilienne du G20. La version débattue en France proposait un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros (environ 1 800 foyers), pour un rendement que ses promoteurs estiment autour de 20 milliards d'euros par an. L'amendement a été rejeté par l'Assemblée nationale le 31 octobre 2025 (172 voix pour, 228 contre).
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▶ Entretien intégral (26 mars) L'essentiel en 6 min (5 mai)Sources
· Semaine de quatre jours — résultats de l'essai britannique 2022 : The Autonomy Institute / 4 Day Week Global ; synthèse de l'Université de Cambridge.
· Durée légale du travail en France : 35 heures hebdomadaires — Code du travail, article L. 3121-27.
· « Le Droit à la paresse », Paul Lafargue, 1880.
· Taxe Zucman — origine : rapport de Gabriel Zucman pour la présidence brésilienne du G20 (2024) et EU Tax Observatory.
· Rejet à l'Assemblée nationale (31 octobre 2025, 172 voix pour / 228 contre) : LCP – Assemblée nationale.
